lundi 22 mars 2010

De toute façon tsé.

C'est la fin.
Ou le début de quelque chose d'autre.

mardi 2 mars 2010

J'avoue être tombée mille fois amoureuse de ce genre de mec à 14 ans.

J'avoue être totalement amoureux d'elle.
J'avoue pouvoir tout supporter venant d'elle.
J'avoue être un mec tout à fait orgueilleux avec tout le monde sauf quand il s'agit d'elle avec qui j'avale ma fierté en grimaçant.
J'avoue que je serai capable de venir m'excuser de t'avoir fait mal à la main si l'envie te venait de me gifler et que tu trouvais ma joue trop dure.
J'avoue te trouver parfaite à l'exception d'être totalement injuste car tu ne me donnes pas l'importance que je mériterais, ou du moins celle que je désire.
J'avoue avoir des envies de meurtre à l'égard des garçons dont tu me parles.
J'avoue me trouver absolument con de t'aimer malgré ton attitude.
J'avoue pourtant ne pas savoir comment arrêter.
J'avoue ne pas savoir pourtant tu sais tout.

& maintenant, je ne cherche plus. je l'ai trouvé ce mec.

mercredi 24 février 2010

Quelqu'un?

Je t'ai imaginé un peu plus grand que d'habitude, juste assez pour que tu puisses nous porter jusqu'aux nuages, qu'on se goinfre d'étoiles et qu'on se saoule à la pluie. Mais quand je me suis réveillée, tu n'avais pas grandi. Je me contenterai de ta chambre, qui est plus petite que le ciel, mais qui reste tout de même une sacré navette spatiale.

vendredi 12 février 2010

Baila

Petit, tu as grandi. Évidemment me diras-tu, il n’y a rien de plus normal. Le temps passe, les semaines et puis les mois s’accumulent en moi, je n’y peux rien, c’est ce qu’on appelle la vie. Certes Petit, certes. Mais je ne le sens pas moi, ce temps qui s’accumule. J’ai parfois l’impression de prendre un peu de poids, mais les Toblerone englouties sans arrêt ont sûrement un lien plus direct que cet inévitable passage du temps.
Pourquoi je n’ai pas l’impression de grandir Petit? J’ai cet éternel cœur d’enfant, c’est très joli dit comme ça. Ça fait peut-être de meilleurs textes, c’est sûrement très mignon de me voir penser qu’être assuré des deux côtés ça veut dire à droite et à gauche mais c’est une autre paire de manches dans la vie de tous les jours. Ce quotidien qui pèse un peu trop, qui finit par me donner mal au ventre.
Ce que j’aimerais être légère Petit. J’aimerais tant, comme plusieurs, me promener, les pieds touchant à peine le sol, ne se demandant pas le pourquoi de leur comment. Je suis prétentieuse Petit, j’ai le menton un peu trop haut, je m’attribue toutes les angoisses existentielles de ce monde. «Non! Il n’y a que moi qui vis une crise. Pas toi. Ni toi. Vous n’avez pas le droit.» Moi. Que moi. Tu ne trouves pas ça drôle Petit? Je me moi. Il y a des trucs qui ne changent pas.
Peut-être qu’un jour il y aura le déclic. Peut-être qu’un jour ces écrits de petite adolescente banlieusarde qui ne savait même pas qui était Alexander McQueen finira par grandir. Peut-être qu’elle écrira enfin quelque chose qui se tiendra debout, qui ne dégoulinera pas de déjà-vu. Peut-être Petit, peut-être.
Pour l’instant, je suis quand même une pas pire adulte sur papier. J’ai mon vrai permis, celui qui me permet de boire «un peu mais quand même pas trop tsé» et de conduire quand même. Et j’ai fait ma demande à l’université.
C’est moi qui hallucine Petit, où les temps changent? C’est moi qui hallucine petit ou c’est vrai que dans à peu près 3 mois, tu auras déjà vingt ans? Bam.

samedi 6 février 2010

Amuse toi de l'espagne. Elle est à tes pieds.

Tourne petite fille, tourne. Envole toi un peu, prends goût à cette liberté et enivre toi encore de l'inconnu. Laisses toi aller, ne pense plus, congédie la rationnalité. Émerveille toi de ses sourires, colle les étoiles sur ton plafond dans ses yeux et fais toi pardonner d'être aussi gamine. Enivre le. Impressionne le autant qu'il t'impressione. Parle lui de Paris, New-York, Madrid, Londres mais pas de Milan. Tu n'y es pas allée. Amuse toi de ces situations qui sont tout sauf habituelles, nourris toi de cette spontanéité qui ne t'es pas commune. Souris à cette grande chose qu'on appelle la vie, laisse la peur un peu de côté, quite à te rougir les joues avec un peu de vin. Ne pense plus aux yeux d'océan, à cette gaieté d'enfant. Laisse faire la nostalgie, imprègne toi du présent, de ces moments qui ne font que passer mais qui te grave le coeur de tant de belles chose. Accomode toi du temps qui passe jusqu'à en faire ton amie, question de vivre un peu plus en harmonie avec tous ces jours qui s'enchaînent. Vis tes 19 ans comme si tu en avais réellement 19 et non 35. Relache tes épaules, lève un peu la tête, ouvre grand tes yeux et dis lui oui. Ouvre toi, tu n'as rien à craindre.
Rien à craindre.
Tu es jeune mais ce n'est rien si tu ne le vis pas.
Vis petite fille, vis.

samedi 30 janvier 2010

This is not what I do.

Petit, it's that all right with you? Qu'on se construise quelque chose comme une histoire, qu'on invente des événements, des moments. «Te rappelles tu la fois où...?» Non, je ne sais pas de quoi tu parles. Je devais être absente et avoir laissé mon coeur traîner ailleurs. Remarque que j'aimerais bien m'en souvenir. De ces moments qui ont plus ou moins réellement existés, de cet entre réalité qui emmène complètement ailleurs. Mais tout ça est plus ou moins vrai.
Je suis toujours consciente. De ce que je dis, fais, pense. Je ne laisse rien au hasard, je suis beaucoup trop bonne en calcul pour ça. J'analyse. Tout ce que tu dis, fais, pense. J'analyse et je décortique. Chaque syllabe qui entre dans mes oreilles. Une à une, j'inspecte. J'inspecte. Pour ne rien laisser passer. D'un coup que je vienne à en manquer.
Mais ce n'est pas ça le plus important Petit. Si tu avais vu la lune tantôt tu aurais compris. Une grosse balle orangée qui illumine un peu l'esprit. Un peu trop peut-être. Mais elle en a rien à foutre la lune. Elle peut trop briller ça ne lui fait rien. Elle est à des milliers de kilomètres de mon petit coeur, elle ne l'entend pas chigner. Si elle savait. Et si toi tu avais vu. Et si tu avais été à côté de moi. Une autre fois. Il y aura une autre fois. À l'aéroport ou direction Boston/Washington/New-York. Peu importe. Avec toi. Le voyage, la Lune, la musique de ton coeur et ça irait. Tout irait pour le mieux. Et même si j'envie un peu la lune Petit, jamais je ne changerais de place avec elle.
Tu n'y es pas.

vendredi 8 janvier 2010

Vieux machin qui traînait dans mon sac.

Déraisonner, se laisser aller à l'illogisme le plus complet. Pour essayer de tout oublier. Même aller jusqu'à dire ce qu'on serait mieux de laisser, simplement pour chasser les points d'interrogations qui courent dans ma tête. Petit, tu as ravi mon coeur.
«There is one thing i can never give you, my heart will never be your own»
Je n'ai pas pu résister. Tu es si poli, je ne pouvais refuser.
Ensuite le spleen. Incapable d'écrire quelque chose de cohérent. Il y a des nuages qui font de l'ombre à ma logique et je suis incapable de penser normalement. C'est la grisaille dans mon coeur, il fait définitivement un temps de chien. Et je hais les chiens. Je ne suis pas Miss Météo, je ne sais pas combien de temps tout ça est supposé rester, je sais seulement que des averses sont à prévoir et que t'es mieux de mettre ton imperméable Petit. Je suis tannée de parler de météo, je parlerai donc de tes yeux, parce qu'ils ont pris la couleur du feu et que c'est la plus belle chose que la Terre n'aie jamais portée. Et je suis plus que contente d'y avoir un accès VIP même si ça fait extrêmenent peur de se mettre face à soi-même de cette manière.
Je ne savais pas quoi dire et je cherche encore mes mots. Je dois donc me taire.
Chut.
C'est fait.

mercredi 6 janvier 2010

12 ans.

J'ai envie de goûter à toutes les saveurs de crème glacée que ce monde comporte, quite à finir avec 400 livres d'overweight. Battre un record Guiness, n'importe quoi. Faire du Body surfing dans un spectacle rock. Boire une tasse de Kopi Luwak, le café le plus cher du monde. Faire un graffiti et y apposer ton tag original. Louer les services de gardes du corps dans une ville étrangère. Danser une valse au Bal de l'Empereur, au palais impérial de la Hofburg, habillée comme Sisi, avec toi. Acheter un billet aller simple pour sa destination de rêve et revenir d'une autre façon. Publier son autobiographie à compte d'auteure. Magasiner dans le quartier Seven Dials, à Londres, avec le bag boy de son choix. Passer la nuit à essayer toutes les piscines des voisins. Manger les 30 services concoctés par le chef excentrique du El Bulli, en Espagne. Débarraser la table en tirant sur la nappe. S'immortaliser en achetant une brique, un banc de théâtre ou une plaque pour financer un projet. Faire du camping sur un toît dans une grande ville. Participer à son jeu questionnaire téléviser favori. Inventer quelque chose et faire une demande de brevet. Acheter la même paire de soulier dans 10 couleurs différentes. Écrire une définition sur soi sur Wikipédia.

mardi 29 décembre 2009

Reflections of a skyline.

Je veux jouer au chat et à la souris, te donner mes vêtements, te dire que j'aime tes souliers, m'asseoir dans tes marches quand tu prends une douche. Masser ton cou et embrasser ton visage. Tenir ta main et aller prendre une marche. Je veux que tu prennes ma part de gateau et que tu t'en régales.
Je veux te rencontrer au centre commercial et te parler de ma journée. T'entendre parler de ta journée et en rire. Rire de ta paranoia.
Je veux te donner des cd que tu n'écouteras pas. Regarder des films géniaux, et des terribles. Te parler de l'émission que j'ai regardée hier soir. Rire de tes blagues. Te vouloir le matin mais te laisser dormir encore un peu. Te dire à quel point j'aime tes yeux. Ton cou. Ton torse. Tes fesses.
M'asseoir à nouveau dans tes marches le matin et me faire croire qu'il fait beau jusqu'à ce que tes voisins arrivent. M'inquièter quand tu arrives en retard et être fascinée quand tu es en avance.
Être désolée quand je doute trop et contente quand tu me pardonnes. Regarder tes photos et souhaiter te connaître depuis toujours. Entendre ta voix dans mes oreilles, sentir ta peau contre la mienne.
Avoir peur quand tu es fâché. I told you you are beautiful. Te prendre dans mes bras quand tu es anxieux et te tenir la main quand tu as mal. Te vouloir quand je te sens, t'offusquer quand je te touche. Glousser quand je suis à tes côtés. Gémir quand je ne le suis pas.
Fondre quand tu souris, me dissoudre quand tu ris. Ne pas comprendre comment tu peux penser que je te rejettes quand je ne te rejettes pas. Me demander comment tu peux même penser que je pourrais un jour te rejetter. Me demander qui tu es. Et t'accepter de toute façon. T'entendre me parler des trois anges, du garçon de la forêt enchantée qui a traversé l'océan au complet parce qu'il m'aimait.
Je t'achèterais des cadeaux dont tu ne voudrais pas. Et tu les jetterais je ne sais où, encore. Je déambule dans la rue, en pensant. C'est vide sans toi et je veux que tu penses que je me perds un peu sans toi. Je te dis le pire de moi mais je tente de te donner le meilleur. Parce que tu ne mérites rien de moins.
Répondre à tes questions quand je préfèrerais ne pas le faire. Te dire la vérité quand je ne veux vraiment pas. Essayer d'être honnête parce que c'est ce que tu préfères. Penser que c'est fini entre nous deux mais essayer de tenir dix minutes de plus avant que tu jettes ma vie.
Oublier qui je suis. Laisse moi essayer. Me rapprocher de toi. D'une quelconque façon, communiquer par dessus le plus que l'irrésistible, immortel, inconditionnel, universel et sans borne amour que j'ai. Pour toi.
Let me give you sunflowers et let's get drunk.

dimanche 6 décembre 2009

Ramassis de bouilli trop cuit.

Bouillabaise de sentiments écrasés et trop cuits. J'ai mis beaucoup de poivre, ça m'a fait éternuer, tant pis pour la propreté, une tache sur la nappe blanche immaculée de ma petite histoire.
Je plaide ma cause devant le juré: «Je n'ai rien fait de mal, j'ai juste le coeur qui s'emballe tellement vite que pleins d'histoires germent dans ma tête et je ne distingue plus le faux du vrai. Un simple mot me semble une attaque, une simple non réponse et je crois à notre fin. Je n'ai rien fait de mal, je le promets. Je mange mes 10 portions de fruits et légumes, je cours, je ne fume pas. Il y a quelques gouttes de Newcastle qui sont restés sur mon coeur, mais j'ai la raison qui s'y noit.»
Mais le juré s'en fou. Quatre ans derrière les barreaux, ceux du doute. J'ai pleuré mes ailes de papillons soudain froissées, ces mots volages maintenant en cages mais surtout cette naiveté. Ils me prendront ce qu'ils voudront bien, ça m'importe peu. J'en ai rien à foutre de ma télé, de mon ordi, de mon cellulaire, mon ipod, mon garde-robe à la limite. Prenez tout, mais pas ça. Pas cette innocence. J'en ai besoin pour vivre, j'en ai besoin pour être.
Paf.
Trop tard. Et me voilà nue et sans chemin. Me voilà pauvre et sans espoir.
Je vogue un peu, je m'accroche, je me dis que le pire est sûrement derrière. Je continue de croire que tout ça n'est que cauchemar, que le réveil approche et que c'est la fin.
Sonnent les cloches de cette enfance jamais finie, je vais me mettre au lit.

mardi 1 décembre 2009

4+2=6.

J'ai quatre ans et demie, et j'insiste sur le demie.
Ça me fait une demie chandelle de plus sur le gâteau trop mou.
Un demi pas de plus dans la bonne direction.
Petit, la rue est trop étroite pour mes grands pieds, pour la tulle de ma robe, pour la boucle dans mes cheveux, pour toi à mes côtés. Je me suis prise la tête dans un lampadaire, j'ai eu le droit à une illumination. Ça m'a fait peur. Tout était blanc trop blanc, clair trop clair. Tu vois le portrait. J'ai volé une luciole qui traînait dans ton veston. Bam. Direct dans le duodénum. J'ai eu le bedon luminescent pendant neuf dodos. Ça m'apprendra.
Petit, on a continué notre route. Tu le sais, tu étais là. Premier arrêt: le désir. C'est vite consummé, je me suis tannée. Marche encore. Deuxième arrêt: le doute. Non seulement il est inévitable mais il énerve. Il est resté pris dans le creux de mon oreille, il ne veut plus sortir, il me chuchote toujours pleins de petits mots méchants. Je le déteste. Bref, on a essayé de partir de là. Trop tard. Ça foiré. Je me suis sauvée deux mois. Tu as été au casino, tu t'es acheté une chemise lacoste et tu as travaillé beaucoup. Moi j'ai tout fait. Je suis revenue. Tu m'as repris la main, j'ai replacé ma robe et on a continué à marcher. Avançons Petit. Avançons. Un grand vent s'est levé. Pfffffffffff. Mes cheveux sont devenus pleins de noeuds, mon coeur a manqué de souffle sous toutes ces matrices, ces molécules et ces accélarations centripètes. Je t'ai perdu un peu en chemin. Je savais que tu étais là mais tu étais trop loin pour que je sois capable de te sentir vraiment. On s'est retrouvé, je ne me souviens plus comment. Je sais juste que c'était beau, tu avais un chandail Zellers et j'avais faim de chocolat. Depuis, je ne sais pas trop. Ça sent la perfection. Ça me fait peur Petit je ne sais même pas comment l'expliquer. J'ai le droit à tout ça moi? Je ne peux pas y croire.
Petit, je ferai attention. On annonce de forts vents pour les deux semaines à venir. Des bourrasques même. Mais on dit qu'après, c'est une acalmie remplie de toi, moi & Noel.
Et sans le toi Petit, c'est tout moche cette acalmie. Ça donne envie de faire dodo.
Sois-y. Stp.

samedi 28 novembre 2009

Bla bla bla politique bla bla bla

J'ai la tête plein les nuages et un petit pays qui dort en moi. Ils sont parfois certain à réussir à le réveiller, mais rarement. Souvent, trop souvent, ce pays reste là, à faire la sieste sans rien demander de plus qu'un vrai réveil, afin qu'il se mette enfin à exister.
C'est un pays qui a froid de cet hiver qui ne finit jamais vraiment mais c'est aussi un pays qui brille de cette belle culture. C'est un petit pays, un peu bancal. Il a les reins solides mais il doit apprendre à marcher sans béquille. Il se doit d'avancer, de faire un pied de nez au statut quo et aller voir tout ce que le beau grand monde lui réserve. Il aura souvent peur, il se fera mal et il y fera toujours aussi froid. Mais ce Québec -4o, avec sa tuque et ses mitaines, dira fièrement, les joues rouges, le coeur en feu: «Je suis».
J'ai la tête plein les nuages et ce pays dort encore. Mais dans mes yeux cette étincelle. C'est l'espoir. Alors, quand on me posera la fameuse quetion, je penserai oui, j'aimerai oui et surtout, je cocherai oui.

jeudi 5 novembre 2009

Gregory, je t'aime. (point)

I can't do the talk, like the talk on the TV
And I can't do a love song, like the way it's meant to be
I can't do everything, but I'd do anything for you
I can't do anything except be in love with you.
-Romeo & Juliet, The Killers

lundi 2 novembre 2009

J'avais 16 ans et j'étais une sacrée artiste.

Le gars assis au piano était beau. Il jouait, emporté par la musique et la vie, une clope à la bouche. Ma gêne était partie baisée avec l'alcool. J'étais seule, sans inhibition avec tous ces gens ivres en quête d'un quelconque moment d'oubli. J'étais passée à côté de lui, avais volé sa clope, l'avais mise dans ma bouche rouge et m'étais appuyée sur le piano. Il m'avait regardé, à moitié surpris, à moitié amusé. Nous ne savions quoi faire. Nous avions l'air imbécile mais jamais autant que les deux enfermés dans la salle de bain. Il m'avait pris la main et avait dit: «Je sais ce que je fais.» J'avais ri et nous étions sortis dehors. Ce n'était ni l'hiver, ni le printemps. Plutôt un entre deux, assez froid. J'étais partie courir dans la rue en lui gueulant: « Je suis une artiste! Regarde moi danser! Regarde moi chanter!» Je faisais n'importe quoi et lui en riait. Essouflée, je m'étais couchée dans la rue mais pas en plein milieu; je ne m'assumais pas encore tout à fait. Il était venu me rejoindre. Nous rions, ça ressemblait à la scène dans le film ''The notebook'' mais il était bien plus beau. Nous avions allumé une autre clope, j'imaginais des dessins dans la fumée pendant qu'il me jouait dans les cheveux. Je me suis lentement endormie mais il m'avait réveillé en me disant que ça ne se faisait pas dormir dans la rue. Nous nous étions relevés, nous avions marché, le froid mangeant mes joues, ma main seulement étant au chaud, au creux de la sienne. Je désaoulais et je lui demandais de me resaouler. Et il l'avait bien fait. Là, assis dans un resto un peu miteux, ivre de nous, il m'avait dit: «Je t'aime». Je lui avais répondu: «Moi aussi». Nous nous étions regardés et nous avions su que c'était vrai. C'est à ce moment là que j'ai réalisé que je savais pas comment il s'appelait.

jeudi 29 octobre 2009

Et le mot armure devient art-mur.

Maman, tu m’as mise au monde sans trop savoir dans quoi tu t’embarquais. Je suis arrivée sur cette drôle de planète en ne sachant pas trop quoi y faire. Papa et toi m’avez donné le nom de Sandrine. Je vous remercie d’ailleurs d’avoir eu l’intelligence de ne pas m’affubler d’un de ces prénoms bizarre à l’orthographe douteuse.
J’ai été accueillie avec une claque sur les fesses, mes yeux bleus se sont vite remplis de larmes, j’ai pleuré un peu parce que ça faisait mal mais beaucoup pour attirer votre attention. Maman, je te dis tout ça mais je n’ai aucun souvenir de ce moment, ni des quelques années qui suivirent ma naissance. Tous les grands pensants s’entendent pour dire que c’est une période charnière du développement de l’enfant, que cela le façonnera pour le reste de sa vie. J’imagine que je dois donc vous remercier de m’avoir prodigué soins et attentions, d’avoir fait tout ce qui était en votre pouvoir pour rendre cette période des mieux pour moi.
Mais j’ai aujourd’hui dix-huit ans maman. Je suis officiellement majeure. Je peux acheter clopes et alcool, bouffer ma santé et même vider mon portefeuille en allant balancer mon argent dans des machines qui font trop de bruits. Mais je ne fais rien de ça. J’ai aucune idée de comment on fait ce genre de trucs, mais surtout de pourquoi on fait tout ça.
Maman, je ne sais ce que vous avez fait mais il y a quelque chose qui cloche. Je ne peux avoir dix-huit ans. C’est impossible. Il y a du avoir erreur quelque part. Vous avez falsifié mon certificat de naissance, vous avez mis un accélérant dans toutes les cellules de mon corps, mais en oubliant le cœur. Ça ne tourne pas rond, j’ai les formes d’une fille de dix-huit mais la maturité d’une enfant de quatre ans et demi.
Je vais exploser maman, déchirée entre deux réalités. Le «vrai monde» qui me tire vers l’âge adulte et ces trippes qui ne font autre chose que m’appeler dans l’enfance. Je suis entre larme et rire. Je ne sais plus trouver le milieu, cet équilibre si précieux. Je l’ai perdu. Je pervertis mon enfance, ce côté pur et innocent en faisant toute sorte de chose que je ne me serais jamais pensée capable de faire. Maman, j’ai envie de me poser, de passer ma vie avec ce garçon. Tu imagines? J’ai envie de replier ces grandes ailes de papillons et ne plus les déployer que pour lui. Je ne me saisis plus. Moi aussi je grandis, maman? Moi aussi, un jour, j’aurai envie de cette voiture familiale, de ce gazon bien coupé et de ce bungalow douillet?
Ça me fait peur tout ça maman. J’aurais besoin de la plus grande liberté et, en même temps, de tes bras qui m’accueillent sans jugement. Je deviens émotive maman. J’arrête ici.

mercredi 7 octobre 2009

Elle aurait préféré mourir plutôt que de composer avec le réel.

Aller-retour. Entre deux endroits plus ou moins distincts. D'un côté, un coeur qui fond sous la nostalgie, enterré sous des occasisons qui ne viennent jamais vraiment. Et de l'autre, une certitude, qui prend au ventre, qui fait perdre l'équilibre. Au centre, il n'y rien, Que le néant, celui qui effraie.
Aller-retour d'un endroit à l'autre. Tu me manges la ration Petit, c'est même pas permis. J'en perds le contrôle, une affaire de fou. Je parle de l'avenir, du nôtre, comme si c'était la chose la plus normale du monde.
Et pourtant, j'ai peur d'une peur si grande qu'elle ne se perçoit même plus.

Wish there was something I, could say or do
I can resist anything but, the temptation from you

mercredi 30 septembre 2009

Je mets quoi pour les rencontrer dis donc?

Petit, j'ai en bouche ce goût mi-sucré, mi-amer, celui qui vient après que tes yeux ai croisé les miens et qu'ils se soient fait un nid au plus profond de ma confiance. J'ai la conscience qui s'emballe, qui se cherche une place, elle est perdue. Moi-même je ne sais plus. Et puis à quoi bon? Tout le monde s'en fout un peu, l'important reste ce sourire d'enfant qui allume des feux d'artifices dans tes yeux, qui enflamment mon coeur. Sacré sourire pyromane, pyramide d'amour incontrôlé. On perd un peu le contrôle, je parle comme si la gêne ne faisait pas partie de mon vocabulaire et je me rends compte qu'à force d'essayer de raissoner, j'en perds justement la raison. Je m'abandonne donc complètement, sans questions. Je crois à tout ce que tu me dis, surtout quand ça rime avec futur mais encore un peu plus quand tout ça se passe au présent, que cela goûte le chocolat chaud ou le vin pétillant. Je n'ai plus aucune notion des goûts de toute façon. J'ai l'impression d'avoir 12 ans et d'être amoureuse par-dessus la tête, un setting à rendre fou, sans peur. Rassure-moi. Tu n'as pas besoin, je me sens comme si une bulle avait grandi autour de toi et moi, comme si ces moments passés avec toi étaient hors du temps, hors des lieux. Et ils le sont sûrement.
Petit, je ne sais pas comment conjugué ton nom au passé et ne me le montre pas. J'ai envie d'être nulle en français pour une fois et ne savoir parler que de toi au présent, ce présent qui sonne comme une évidence à mes oreilles, qui me joue une mélodie qui me plaît beaucoup. C'est pas l'OSM, plutôt un concert intime, un ode à la perfection, la tienne.
Petit, tout ça à l'air complètement ridicule. Cet amour surdimensionné, cette peur qui n'arrive pas à prendre le dessus, cette confiance en toi qui m'explose de la tête au coeur. Petit, je ne sais que te dire. Tout sonnerait tellement «déjà-vu», tellement convenu que je préfère m'arrêter ici et te dire à la prochaine, coupe de vin ou pomme à la main.

mardi 15 septembre 2009

Days of all nights out.

J'ai reçu mon chèque de paie: 54,56$. Va falloir laisser faire le Ritz, le majord'homme, la Jaguar et je ne sais quoi encore. On devra dire bonjour au Kraft Dinner, aux vêtements Zellers (les vrais) et aux jolis coupon rabais des circulaires.
Mais je m'en fous Petit. Je suis une Princesse. Majusculement. En Versace ou H&M, en Rolls Royce ou en Kia Rio pauvre. J'ai le coeur royal, l'amour chevaleresque, l'amitié version Moyen-Âge. Les gangs me font horreur, je préfère de loin les discussion un à un, sur la fameuse philosphie de la vie, celle où on ne comprend rien, celle pire qu'un labyrinthe. Mais ça enivre. De les voir s'entasser dans le ridicule, à rire de la blague de celui riant le plus fort, en parlant de leur exploit au Light, au Plastik et je ne sais où encore. Suis-je à ce point différente. Peu m'importe. Car aujourd'hui j'ai saisi un principe fondamental de la vie. Ce qui fait que le chocolat est si bon n'est pas tant son goût que la manière utilisée pour le savourer. Et j'en repars l'âme plus légère.
We know what we are, not what we may be.
Thanks William. Ça vaut tous tes Romeo & Juliet.

lundi 7 septembre 2009

Mon coeur a fait un pied de nez à ma tête.

Petit, j'ai adoré notre promenade. Ce n'était rien de fou, les feuilles n'ont pas encore mis leur ensemble jaune-orange et les arbres n'ont pas décidé de laisser sortir les fruits. C'était tout de même magnifique. L'asphalte était devenu poétique à force de t'aimer et les nuages avaient soudainement pris une forme qui s'apparentait drôlement à des coeurs. Tout cela était atrocement quétaine Petit. On se serait cru dans un film américain conçu pour les 12-14 ans. Je m'en balançais éperdument. Ma main s'était bâti un cocon dans la tienne et ton coeur était venu rendre visite au mien. Il prenait le thé ensemble alors peu m'importe que mes bas ne soient pas assortis, que mes lacets soient défaits et que mes cheveux tiennent plus du champ de bataille qu'autre chose. Tu étais là. Complètement là. On a fait le chemin de ta vie. C'est ridicule de dire cela à 19 ans. Tant pis. Je le fais. On a fait un détour par tes amitiés. J'aurais pas pu espérer mieux. Tu comprenais. Je parlais, tu comprenais.
Petit, Le Queen Elizabeth c'est bien. Les lofts avec terrasse sur le toit à 1,500,000$ tout autant. Mais il y a ce mot qui détruit tout, qui vient mettre à terre cette pseudo perfection de bourgeois tant il fait du bien: communication. Je déteste parler Petit. Ça me gêne sans bon sens. Mais ça apaise sur un moyen temps.
Petit, je m'excuse donc si mes mots se font rares, s'ils font que les tiens sont plus réticents à venir se lover au creux de mon oreille. Petit, je me fais peut-être des idées, je pars de presque rien et d'ailleurs ça ne serait pas nouveau. Alors, bien que ce texte soit l'apologie de tout ce qui se fait de convenu, il est sincère.
Et ça, ça vaut bien tous les colliers Swarovski de ce monde.


je ne veux jamais avoir à parler de toi au passé.