jeudi 5 novembre 2009

Gregory, je t'aime. (point)

I can't do the talk, like the talk on the TV
And I can't do a love song, like the way it's meant to be
I can't do everything, but I'd do anything for you
I can't do anything except be in love with you.
-Romeo & Juliet, The Killers

lundi 2 novembre 2009

J'avais 16 ans et j'étais une sacrée artiste.

Le gars assis au piano était beau. Il jouait, emporté par la musique et la vie, une clope à la bouche. Ma gêne était partie baisée avec l'alcool. J'étais seule, sans inhibition avec tous ces gens ivres en quête d'un quelconque moment d'oubli. J'étais passée à côté de lui, avais volé sa clope, l'avais mise dans ma bouche rouge et m'étais appuyée sur le piano. Il m'avait regardé, à moitié surpris, à moitié amusé. Nous ne savions quoi faire. Nous avions l'air imbécile mais jamais autant que les deux enfermés dans la salle de bain. Il m'avait pris la main et avait dit: «Je sais ce que je fais.» J'avais ri et nous étions sortis dehors. Ce n'était ni l'hiver, ni le printemps. Plutôt un entre deux, assez froid. J'étais partie courir dans la rue en lui gueulant: « Je suis une artiste! Regarde moi danser! Regarde moi chanter!» Je faisais n'importe quoi et lui en riait. Essouflée, je m'étais couchée dans la rue mais pas en plein milieu; je ne m'assumais pas encore tout à fait. Il était venu me rejoindre. Nous rions, ça ressemblait à la scène dans le film ''The notebook'' mais il était bien plus beau. Nous avions allumé une autre clope, j'imaginais des dessins dans la fumée pendant qu'il me jouait dans les cheveux. Je me suis lentement endormie mais il m'avait réveillé en me disant que ça ne se faisait pas dormir dans la rue. Nous nous étions relevés, nous avions marché, le froid mangeant mes joues, ma main seulement étant au chaud, au creux de la sienne. Je désaoulais et je lui demandais de me resaouler. Et il l'avait bien fait. Là, assis dans un resto un peu miteux, ivre de nous, il m'avait dit: «Je t'aime». Je lui avais répondu: «Moi aussi». Nous nous étions regardés et nous avions su que c'était vrai. C'est à ce moment là que j'ai réalisé que je savais pas comment il s'appelait.

jeudi 29 octobre 2009

Et le mot armure devient art-mur.

Maman, tu m’as mise au monde sans trop savoir dans quoi tu t’embarquais. Je suis arrivée sur cette drôle de planète en ne sachant pas trop quoi y faire. Papa et toi m’avez donné le nom de Sandrine. Je vous remercie d’ailleurs d’avoir eu l’intelligence de ne pas m’affubler d’un de ces prénoms bizarre à l’orthographe douteuse.
J’ai été accueillie avec une claque sur les fesses, mes yeux bleus se sont vite remplis de larmes, j’ai pleuré un peu parce que ça faisait mal mais beaucoup pour attirer votre attention. Maman, je te dis tout ça mais je n’ai aucun souvenir de ce moment, ni des quelques années qui suivirent ma naissance. Tous les grands pensants s’entendent pour dire que c’est une période charnière du développement de l’enfant, que cela le façonnera pour le reste de sa vie. J’imagine que je dois donc vous remercier de m’avoir prodigué soins et attentions, d’avoir fait tout ce qui était en votre pouvoir pour rendre cette période des mieux pour moi.
Mais j’ai aujourd’hui dix-huit ans maman. Je suis officiellement majeure. Je peux acheter clopes et alcool, bouffer ma santé et même vider mon portefeuille en allant balancer mon argent dans des machines qui font trop de bruits. Mais je ne fais rien de ça. J’ai aucune idée de comment on fait ce genre de trucs, mais surtout de pourquoi on fait tout ça.
Maman, je ne sais ce que vous avez fait mais il y a quelque chose qui cloche. Je ne peux avoir dix-huit ans. C’est impossible. Il y a du avoir erreur quelque part. Vous avez falsifié mon certificat de naissance, vous avez mis un accélérant dans toutes les cellules de mon corps, mais en oubliant le cœur. Ça ne tourne pas rond, j’ai les formes d’une fille de dix-huit mais la maturité d’une enfant de quatre ans et demi.
Je vais exploser maman, déchirée entre deux réalités. Le «vrai monde» qui me tire vers l’âge adulte et ces trippes qui ne font autre chose que m’appeler dans l’enfance. Je suis entre larme et rire. Je ne sais plus trouver le milieu, cet équilibre si précieux. Je l’ai perdu. Je pervertis mon enfance, ce côté pur et innocent en faisant toute sorte de chose que je ne me serais jamais pensée capable de faire. Maman, j’ai envie de me poser, de passer ma vie avec ce garçon. Tu imagines? J’ai envie de replier ces grandes ailes de papillons et ne plus les déployer que pour lui. Je ne me saisis plus. Moi aussi je grandis, maman? Moi aussi, un jour, j’aurai envie de cette voiture familiale, de ce gazon bien coupé et de ce bungalow douillet?
Ça me fait peur tout ça maman. J’aurais besoin de la plus grande liberté et, en même temps, de tes bras qui m’accueillent sans jugement. Je deviens émotive maman. J’arrête ici.

mercredi 7 octobre 2009

Elle aurait préféré mourir plutôt que de composer avec le réel.

Aller-retour. Entre deux endroits plus ou moins distincts. D'un côté, un coeur qui fond sous la nostalgie, enterré sous des occasisons qui ne viennent jamais vraiment. Et de l'autre, une certitude, qui prend au ventre, qui fait perdre l'équilibre. Au centre, il n'y rien, Que le néant, celui qui effraie.
Aller-retour d'un endroit à l'autre. Tu me manges la ration Petit, c'est même pas permis. J'en perds le contrôle, une affaire de fou. Je parle de l'avenir, du nôtre, comme si c'était la chose la plus normale du monde.
Et pourtant, j'ai peur d'une peur si grande qu'elle ne se perçoit même plus.

Wish there was something I, could say or do
I can resist anything but, the temptation from you

mercredi 30 septembre 2009

Je mets quoi pour les rencontrer dis donc?

Petit, j'ai en bouche ce goût mi-sucré, mi-amer, celui qui vient après que tes yeux ai croisé les miens et qu'ils se soient fait un nid au plus profond de ma confiance. J'ai la conscience qui s'emballe, qui se cherche une place, elle est perdue. Moi-même je ne sais plus. Et puis à quoi bon? Tout le monde s'en fout un peu, l'important reste ce sourire d'enfant qui allume des feux d'artifices dans tes yeux, qui enflamment mon coeur. Sacré sourire pyromane, pyramide d'amour incontrôlé. On perd un peu le contrôle, je parle comme si la gêne ne faisait pas partie de mon vocabulaire et je me rends compte qu'à force d'essayer de raissoner, j'en perds justement la raison. Je m'abandonne donc complètement, sans questions. Je crois à tout ce que tu me dis, surtout quand ça rime avec futur mais encore un peu plus quand tout ça se passe au présent, que cela goûte le chocolat chaud ou le vin pétillant. Je n'ai plus aucune notion des goûts de toute façon. J'ai l'impression d'avoir 12 ans et d'être amoureuse par-dessus la tête, un setting à rendre fou, sans peur. Rassure-moi. Tu n'as pas besoin, je me sens comme si une bulle avait grandi autour de toi et moi, comme si ces moments passés avec toi étaient hors du temps, hors des lieux. Et ils le sont sûrement.
Petit, je ne sais pas comment conjugué ton nom au passé et ne me le montre pas. J'ai envie d'être nulle en français pour une fois et ne savoir parler que de toi au présent, ce présent qui sonne comme une évidence à mes oreilles, qui me joue une mélodie qui me plaît beaucoup. C'est pas l'OSM, plutôt un concert intime, un ode à la perfection, la tienne.
Petit, tout ça à l'air complètement ridicule. Cet amour surdimensionné, cette peur qui n'arrive pas à prendre le dessus, cette confiance en toi qui m'explose de la tête au coeur. Petit, je ne sais que te dire. Tout sonnerait tellement «déjà-vu», tellement convenu que je préfère m'arrêter ici et te dire à la prochaine, coupe de vin ou pomme à la main.

mardi 15 septembre 2009

Days of all nights out.

J'ai reçu mon chèque de paie: 54,56$. Va falloir laisser faire le Ritz, le majord'homme, la Jaguar et je ne sais quoi encore. On devra dire bonjour au Kraft Dinner, aux vêtements Zellers (les vrais) et aux jolis coupon rabais des circulaires.
Mais je m'en fous Petit. Je suis une Princesse. Majusculement. En Versace ou H&M, en Rolls Royce ou en Kia Rio pauvre. J'ai le coeur royal, l'amour chevaleresque, l'amitié version Moyen-Âge. Les gangs me font horreur, je préfère de loin les discussion un à un, sur la fameuse philosphie de la vie, celle où on ne comprend rien, celle pire qu'un labyrinthe. Mais ça enivre. De les voir s'entasser dans le ridicule, à rire de la blague de celui riant le plus fort, en parlant de leur exploit au Light, au Plastik et je ne sais où encore. Suis-je à ce point différente. Peu m'importe. Car aujourd'hui j'ai saisi un principe fondamental de la vie. Ce qui fait que le chocolat est si bon n'est pas tant son goût que la manière utilisée pour le savourer. Et j'en repars l'âme plus légère.
We know what we are, not what we may be.
Thanks William. Ça vaut tous tes Romeo & Juliet.

lundi 7 septembre 2009

Mon coeur a fait un pied de nez à ma tête.

Petit, j'ai adoré notre promenade. Ce n'était rien de fou, les feuilles n'ont pas encore mis leur ensemble jaune-orange et les arbres n'ont pas décidé de laisser sortir les fruits. C'était tout de même magnifique. L'asphalte était devenu poétique à force de t'aimer et les nuages avaient soudainement pris une forme qui s'apparentait drôlement à des coeurs. Tout cela était atrocement quétaine Petit. On se serait cru dans un film américain conçu pour les 12-14 ans. Je m'en balançais éperdument. Ma main s'était bâti un cocon dans la tienne et ton coeur était venu rendre visite au mien. Il prenait le thé ensemble alors peu m'importe que mes bas ne soient pas assortis, que mes lacets soient défaits et que mes cheveux tiennent plus du champ de bataille qu'autre chose. Tu étais là. Complètement là. On a fait le chemin de ta vie. C'est ridicule de dire cela à 19 ans. Tant pis. Je le fais. On a fait un détour par tes amitiés. J'aurais pas pu espérer mieux. Tu comprenais. Je parlais, tu comprenais.
Petit, Le Queen Elizabeth c'est bien. Les lofts avec terrasse sur le toit à 1,500,000$ tout autant. Mais il y a ce mot qui détruit tout, qui vient mettre à terre cette pseudo perfection de bourgeois tant il fait du bien: communication. Je déteste parler Petit. Ça me gêne sans bon sens. Mais ça apaise sur un moyen temps.
Petit, je m'excuse donc si mes mots se font rares, s'ils font que les tiens sont plus réticents à venir se lover au creux de mon oreille. Petit, je me fais peut-être des idées, je pars de presque rien et d'ailleurs ça ne serait pas nouveau. Alors, bien que ce texte soit l'apologie de tout ce qui se fait de convenu, il est sincère.
Et ça, ça vaut bien tous les colliers Swarovski de ce monde.


je ne veux jamais avoir à parler de toi au passé.